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La gauche française face à son éternel dilemme…
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La gauche française face à son éternel dilemme…

En 2011, à la veille des élections présidentielles, une opinion dominante insufflée par un Think Tank social-démocrate appelé Terra Nova, a suggéré que le discours porteur doit s’orienter sur le lexique sociétal et non plus social. C’est en tout cas ce qu’affirme le journal français Libération dans son édition du 30 décembre.

THE WORDS I 7 octobre 2026

Selon cette orientation, il fallait ‘’lâcher’’ les classes populaires et le vocabulaire à philosophie sociale, en ce sens qu’ils ne sont plus des cartes gagnantes en matière électorale. Selon source dont « Libération’’ en son temps, une note a été publiée en ce sens par Terra Nova concentrée sur la nécessité de se tourner vers un discours plus porteur en termes électoraux, celui axé sur la société et ses problématiques. L’on sait ce qu’il en est advenu de cette option, la gauche ayant été, depuis, de tous les combats perdus jusqu’en 2016 où, avec un outsider nommé François, le Parti Socialiste remporte à l’arraché l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Puis rebelotte en 2021 avec la droite classique, celle social-démocrate (pardon pour ce mélange !) par certains de ses côtés, socialisante dans le discours et complètement à la ramasse sur le reste

Aujourd’hui, alors que les présidentielles françaises 2027 approchent, la gauche part, encore une fois, animée par des visions opposées et s’éliminant l’une l’autre au grand bonheur de la droite traditionnelle dans ses différentes variantes qui retrouve des couleurs, et une extrême droite ‘’punchée’’ par la multiplicité de problèmes multi-canaux auxquels la population fait face depuis 2019. En effet, à l’approche des élections présidentielles 2027, la gauche est on ne peut plus divisée et incapable de s’unir autour d’un seul candidat, ce qui pourrait lui donner une chance face à une Marine Le Pen plus boostée que jamais.

Conscients de cet état des choses et de la manière dont le discours populiste d’extrême droite rallie à lui l’électorat populaire, les idéologues de gauche croient que le retour aux sources militantes de la gauche historique - la harangue populaire - est impératif dans les circonstances actuelles. Il leur semble que se rapprocher des masses populaires et la voie la plus indiquée pour espérer renouer avec la confiance des classes sociales démunies et pauvres.

Cette réorientation, ou plutôt ce réajustement axial est fondée sur le fait que, historiquement, « la gauche politique porte les valeurs de la classe ouvrière, tant en termes de valeurs socio-économiques que culturelles. Elle est la porte-parole de ses revendications sociales et de sa vision de l’économie ». Or, il semble qu’une partie de l gauche n’y croit plus au regard de la descente aux enfers que vit toute la gauche actuellement (socialistes communistes, verts-écolos…). Cela confine à tellement d’ironie que le parallèle avec un personnage d’un film (La haine) qui, au moment de sa chute, fait un rêve. Il s’agit de l’histoire « d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». Et l’atterrissage de la gauche au lendemain des présidentielles sera celui quasi-constant : des éternels perdants face à tant d’égarement de de non bon-sens.

Cette perte de repères de la gauche française, comme d’ailleurs celle de tous les pays d’Europe à une ou deux rares exceptions près, a abandonné fondamentalement ce qui distinguait son discours de tous les autres : le rapport au pouvoir d’achat, au salaire minimum, aux congés payés, à la sécurité sociale, à la nationalisation des grandes entreprises, à l’encadrement des prix, à l’égalité des droits et le refus des inégalités et des injustices quelle qu’elles soient et d’où qu’elles viennent etc.

D’ailleurs, Anne Hidalgo n’a-t-elle pas proposé, en son temps, le doublement des salaires dans l'éducation nationale tout en justifiant cette démesure de classe par la comparaison du statut des professionnels allemands de l’éducation, oubliant que l’Allemagne d’Angela Merkel nétait pas à comparer avec la France socialiste, ou du moins ce qu’elle était durant une bonne partie du temps de ces quarante dernières.