Ces objets qui nous gardent
Il suffit parfois de frôler distraitement l’un d'eux pour que le temps se plie et que des années s'effacent en une fraction de seconde. C’est une archéologie intime, un musée portatif que l’on transporte avec soi sans jamais s'encombrer vraiment. Ces fragments du quotidien portent notre empreinte, ils retiennent la chaleur de nos mains et la couleur de nos nostalgies passagères.
On les garde par peur de l'oubli, ou tout simplement parce qu'ils sont les témoins silencieux de ce que nous avons été. Ils nous rappellent que nos vies ne sont pas faites que de grands bouleversements, mais aussi de ces petits riens têtus qui persistent quand tout le reste change.
Et un jour, en rangeant un tiroir, on sourit devant l'inutilité attendrissante de ces trésors minuscules. On comprend alors qu'ils veillent sur notre mémoire bien mieux que nous ne saurions le faire, gardiens discrets de nos fragilités.
