Dire bonjour
Il y a les gens qui passent sans lever les yeux, le regard collé à l’écran. Et puis il y a ceux qui ralentissent, qui sourient, qui lâchent un petit « bonjour » sans rien attendre. Cela prend une seconde. Cela change parfois une journée.
C’est comme allumer la lumière dans une cage d’escalier. Personne ne dit merci. Mais tout le monde monte plus facilement. Un bonjour, c’est pareil. Il n’a l’air de rien et il éclaire un peu.
On le doit au boulanger, au gardien, à la dame de la caisse. Ils croisent des dizaines de gens dans la journée. Combien leur parlent vraiment ? Un mot, et ils redeviennent des personnes plutôt que des fonctions.
Les voisins aussi. Des années à vivre mur contre mur, sans connaître leur prénom. Pourtant, un jour de panne ou de maladie, c’est à leur porte qu’on frappe. Mieux vaut leur avoir dit bonjour avant.
Un bonjour n’engage à rien, et c’est sa force. Il ne demande ni amitié ni confidences. Il dit seulement : nous sommes du même endroit, de la même rue, du même temps. Et cela suffit pour que la ville ressemble un peu moins à un désert.
Alors aujourd’hui, si on commençait ? Le premier visage croisé, le premier « bonjour » tout bas mais sincère prononcé. Et voir ce que le monde nous rend quand on lui parle le premier.

