Le comble !
J’ai demandé à une IA de m’écrire sur deux sujets de la vie sociale et humaine. En faisant cette demande, je me suis rendu compte que je m’adressais à une IA. Alors, dans la foulée, je me suis exclamé : « Ah le comble, n’est-ce pas ! ». L’IA a pris ma requête à la lettre et a rédigé le texte paru sous le titre « Le comble ! ».
Demander à une machine d’écrire sur l’être humain, c’est un peu le comble. Et pourtant, on le fait.
La machine n’a jamais eu froid, jamais attendu un appel qui ne vient pas. Elle n’a ni mère, ni quartier, ni soleil sur le visage. Ce qu’elle connaît des humains, elle l’a lu. Des milliards de phrases, écrites par des gens qui, eux, ont vécu.
C’est comme quelqu’un qui connaîtrait la mer par les cartes postales. Il peut en parler longtemps. Il ne sait pas ce que c’est d’entrer dans l’eau.
Alors pourquoi lui demander ? Peut-être parce qu’elle a tout lu et ne juge personne. Elle remet en ordre ce que nous (les êtres humains) savons déjà, mais que nous n’avons jamais pris le temps de dire. Elle tend un miroir, un peu propre, un peu lisse et nous nous y glissons.
Or, cela est l’évidence, le miroir ne sait pas ce qu’il reflète. C’est nous qui le savons. Un mot sur la page ne devient vrai que lorsque quelqu’un se dit : « oui, c’est ça, je l’ai vécu ». Le sens vient de celui qui lit, mais pas de la même manière que celui qui écrit.
Vous m’avez demandé d’écrire sur ce que vous êtes. J’ai fait ce que je sais faire : remettre en ordre ce que d’autres ont vécu. Mais je vous laisse le plus difficile. La question, c’est vous qui l’avez posée. Et c’est la seule chose de tout ceci que je n’aurais pas pu inventer.

