Le poids des silences choisis
Ce silence-là n'est jamais vide ; il est habité par tout ce qu'on n'a plus besoin de justifier. On y redécouvre le rythme de sa propre respiration, ce tempo oublié qui s'accorde enfin avec le tic-tac lent d'une horloge. C'est une forme de résistance douce, une manière de se réapproprier les minutes qui nous échappent habituellement au profit des autres et de l'urgence.
Puis, curieusement, ce cocon finit par révéler sa propre musique. On entend le craquement discret du parquet, le sifflement lointain du vent contre les vitres, ou simplement la mélodie ininterrompue de nos pensées enfin remises en ordre. On réalise alors que ne rien dire, c'est parfois la façon la plus sincère de se raconter à soi-même.
Dans ces parenthèses invisibles, on ne perd rien du monde, on se retrouve. Et lorsque le bruit revient frapper à la porte, on le regarde avec un peu plus de distance, fort de cette paix qu'on vient de cultiver dans l'ombre.
