Un regard, une signature · Najib Bensbia
The Words

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Le MAG du temps qui passe
Un pas, puis un autre. Et voir ce qu’on trouve quand on cesse de chercher.
Un pas, puis un autre. Et voir ce qu’on trouve quand on cesse de chercher.Image générée par IA© THE WORDS
Najib Bensbia2 min de lecture
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Penser à voix basse2 min · THE WORDS

Marcher sans but

Marcher sans but, ce n’est pas se perdre. C’est accepter, pour une fois, de ne pas aller/arriver quelque part.

Il y a les marches qui pressent le pas, avec l’heure en tête et le téléphone à la main. Et puis il y a celles qui flânent. Elles commencent sans prévenir. Un trottoir, un peu de vent, l’odeur du pain qui sort du four. On ralentit sans l’avoir décidé.

Enfant, on le savait. On s’arrêtait pour une fourmi, un caillou, une flaque. Personne ne nous demandait où on allait. On était déjà arrivé.

C’est comme un chat sur un muret. Il ne va nulle part. Il regarde passer la rue, et la rue lui suffit. Marcher sans but, c’est pareil. On n’a rien à prouver à ses pieds.

Les soucis nous suivent, bien sûr. Mais ils marchent à notre pas, au lieu de nous courir devant. Ils pèsent moins lourd quand on ne leur donne pas de rendez-vous.

Aller vite, c’est souvent pour arriver. Aller doucement, c’est pour soi. On remarque un volet bleu qu’on n’avait jamais vu. On sourit à quelqu’un sans savoir pourquoi. Une idée arrive, petite, sans bruit, et on la laisse venir.

Et puis il y a les autres. Le vieux monsieur sur son banc, la vendeuse qui range ses journaux, l’enfant qui traîne son cartable. Ils étaient là hier aussi. Quand on court, on passe à côté. Quand on marche doucement, on les voit.

Alors aujourd’hui, si on sortait sans destination ? Dix minutes, pas plus. Un pas, puis un autre. Et voir ce qu’on trouve quand on cesse de chercher.

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